La Sabla de Gignac ferme ses portes 22 licenciements à la clé

Publié le par christine guillaume



Gignac. La Bonna-Sabla ferme six de ses trente usines et licencie 227 salariés dont 22 en Cœur d’Hérault. Le site pourtant gagne de l'argent dénonce la CGT 

 

"Inacceptable et indécent" 

 

La société Bonna Sabla a prévu de fermer 6 établissements en France dont celui de Gignac dans l’Hérault. Incompréhension des 22 salariés de l’entreprise du Cœur d’Hérault qui, pour marquer leur réprobation ont cessé le travail hier matin. « C’est inacceptable et indécent alors que l’entreprise fait des gros bénéfices » s’insurge  Michel Roques, délégué central CGT . Et, d’ajouter «  ce sont au total 227 emplois qui sont menacés en France : 100 licenciements secs et 127 sur la base du volontariat avec les incitations financières que l’on connaît » .Les salariés de l’entreprise gignacoise n’ont pas attendu leur lettre de licenciement pour agir. Prémices de leur détermination dans l’attente de la  réunion de vendredi au siège de la Défense à Paris. La tension était palpable pour ces salariés qui du jour au lendemain voient leur avenir s’effondrer. A l’instar de Georges Villar, 56 ans ,ouvrier à la Sabla depuis 1985.  « futur chômeur le 30 mai «  comme il le dit lui-même « c’est réglé… Pensez aux jeunes qu’il y a derrière qui pour la plupart sont des pères de famille qui vont devoir retrouver du boulot…il n’y a rien ici ».

La crise a bon dos

En raison du carnet de commande et de l’activité du site, la pilule est dure à avaler.

Les salariés ne comprennent pas cette fermeture annoncée. « On est là pour contester ces licenciements abusifs , nous sommes sur un site viable qui gagne de l’argent «  explique Vincent Raynal, secrétaire du comité central . « On a visité les petits sites,  les directeurs le reconnaissent ;  l’entreprise fait de gros bénéfices. Pas assez semble-t il, les  financiers ont racheté le groupe et ils ne pensent qu’à  rentabiliser au détriment de l’humain, pourquoi les pouvoirs publics laissent  faire  ».  Selon le syndicaliste CGT , la crise n’est qu’un prétexte  «  elle a bon dos, ils se prévalent de la crise pour  la rationalisation de l’outil industriel… on achète .. et on ferme…. On est sur un politique de regroupement et de rentabilité ». La rencontre avec le directeur du site  Emmanuel Catala n’a fait que renforcer l’amertume des salariés « il nous a  dit que le BTP était en pleine relance  et qu’on retrouvera du boulot ». Ce dernier n’a pas souhaité  nous répondre prétextant « les consignes de sa hiérarchie de ne pas communiquer avec la presse ».

Les salariés devront attendre vendredi pour savoir à quelle sauce ils seront mangés. Ils ne se font plus d’illusion « le taquet est pour la fin décembre. Mais, c’est stratégique le plus grand nombre de départs se fera avant les vacances » . Le Cœur d’Hérault va  ainsi connaître son premier plan social et sa première vague de licenciements depuis le début de la crise

 

                                    Le Numéro 1 du béton manufacturé

Bonna Sabla fait partie du groupe Consolis, premier groupe européen de l’industrie des produits en béton préfabriqués avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros, 130 usines, 25 pays et 10 000 collaborateurs. Bonna Sabla, n° 1 de la fabrication des produits en béton manufacturés, a réalisé quant à lui  un chiffre d’affaires en France, d'environ 400 millions d’euros en 2007. Il est essentiellement présent sur les marchés des travaux publics (adduction d’eau, assainissement, génie civil, environnement urbain, traverses de chemin de fer). La société occupe 30% du marché grâce à une implantation de proximité assurant  avec ses 60 usines en France une couverture complète du territoire. Il est également présent au Royaume Uni, en Espagne, en Tunisie et en Egypte. Riche d’un siècle d’expérience et forte d’un réseau industriel et commercial solide Sabla compte 2 700 salariés en France.

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Pierre 30/05/2009

29 Mai 2009

Aujourd’hui, à Ambourville, nous avons pris connaissance des critères d’ordre des licenciements applicables dans notre cas à la priorité de reclassement dans l’usine la plus proche: Pîtres.
Ces critères ont apparemment été approuvés par les membres du CCE.
Curieusement la pondération, alors qu’elle progresse en fonction de l’âge chute brutalement pour les salariés âgés de + de 57 ans.
Idem en ce qui concerne l’ancienneté dans l’entreprise pour ceux qui ont plus de 30 ans de présence.
Là, ce sont les salariés âgés de + de 46 ans qui en font les frais, car il faut savoir que beaucoup de salariés sont rentrés dans l’entreprise à l’âge de 16 ans et sont sans formation professionnelle.
A l’heure ou l’on nous parle de travailler jusqu’à 70 ans, comment une discrimination par l’âge peut-elle être tolérée alors que l’on sait que les victimes de cette discrimination seront celles qui auront le plus de difficultés à retrouver un emploi!
Les dirigeants de notre entreprise, de par leurs faits et gestes donnent l’impression de banaliser la fermeture de notre site et de s’appliquer uniquement au respect des procédures concernant la mise en conformité du terrain et des locaux devenus disponibles afin de les valoriser.
Ont-ils les compétences morales et intellectuelles leur permettant de comprendre notre désarroi? J’en doute fort. La commisération faisant rarement bon ménage avec l’appât du pouvoir et du gain.
En d’autres temps, nous avons eu à notre tête des personnes pour qui le social prévalait. Sils me lisent, ils se reconnaîtront. Au nom de tout le personnel d’Ambourville, qu’ils soient assurés de notre très grande sympathie à leur égard.
Personnellement, devenu disponible par la force des événements, je tiens à assurer mes collègues que je mettrai mes quelques compétences à leur service, si je peux les aider en quoi que ce soit.